Radio Dreyeckland Libre

News émission “Ok Fred”

ONE REGGAE SESSION A DAY KEEP THE COVID AWAY

Hommage à Lee Perry né Rainford Hugh Perry le 20 mars 1936 à Kendal, un village pauvre de la paroisse de Hanover au nord ouest de la Jamaïque et décédé le 29 août 2021 à Lucea.

Il arrive à Kingston à la fin des années 1950 avec l’ambition d’y faire une carrière de chanteur. Clement Seymour Dodd dit Coxsone trouvant qu’il n’a pas de voix, refuse de l’enregistrer, mais accepte qu’il travaille pour lui en tant qu’homme à tout faire, conducteur de session d’enregistrement, d’auditions et de composition de chansons. À l’époque, la rivalité entre sound systems est forte et s’exprime via des chansons dont le but est de dénoncer, d’attaquer l’autre. Lee Perry dénonce la violence des politiciens et des mafieux qui contrôlent l’île, sans pour autant abandonner les chansons légères sur l’amour, le sexe et les petites anecdotes de la vie quotidienne.

En 1965, il se marie avec Pauline Morrisson et enregistre à Studio One « Chicken Scratch », où il figure enfin en tant que chanteur. Le surnom de Scratch figure désormais sur tous ses disques. Exploité par Coxsone qui pille ses chansons et ne le crédite pas pour celles qu’il écrit pour d’autres, mal payé, Perry quitte Studio One en 1966.

Il travaille alors pour Joe Gibbs, concurrent de Dodd, pour qui il produira en 1968 la chanson I Am The Upsetter (l’emmerdeur), à l’origine du nom de son label et de son groupe.

En 1969, il fait la connaissance des Hippy Boys, composés des frères Barrett (Aston à la basse et Carlton à la batterie), avec lesquels il fonde son groupe The Upsetters et enregistre l’album instrumental Return Of Django. Il signe un contrat chez Trojan Records et le titre Return Of Django atteint la 5ème place des charts anglais fortement appréciés par les premiers skinheads anglais (on parle d’ailleurs de « skinhead reggae » pour cette période). Fort du succès de Return Of Django, le groupe est invité à tourner en Angleterre.

Fin 1969, les Wailers désemparés et cherchant à enregistrer s’adressent à Lee Perry qui à l’époque n’enregistre que des instrumentaux et n’a pas besoin de chanteurs.

Leur collaboration durera jusqu’en 1971, s’avérant mutuellement enrichissante et particulièrement productive pour les Wailers, qui furent ainsi prêts pour conquérir le public mondial. Scratch les ayant aidés au maximum pour les faire progresser il profita de cette collaboration pour aller plus loin dans ses expérimentations sonores et musicales, remixant en dub tous les morceaux des Wailers.

Mais cette collaboration devait toucher à sa fin à cause de conflits sur les droits d’auteur et des disques que Scratch a publiés sans leur consentement. Après avoir enregistré des œuvres majeures compilées sur les albums Soul Rebels et Soul Revolution, les Wailers quittent Lee Perry emmenant au passage les frères Barrett, qui deviennent des membres permanents des Wailers.

En 1972, il enregistre des classiques du reggae roots qui resteront quasiment inconnus hors de Jamaïque jusqu’à ce qu’on les réédite vers la fin des années 1990.

Après avoir enregistré au studio Randy’s, ou chez Dynamic Sounds, il déménage en 1973 à Washington Gardens, une banlieue chic de Kingston où il créée son propre studio pour porter ses compétences à un autre niveau en faisant de sa table de mixage un véritable instrument. Le spécialiste du reggae Steve Barrow dira que « le son du Black Ark était comme la signature d’un peintre sur sa toile ». L’aura du Black Ark commence à attirer certains les plus grands artistes jamaïcains, des vétérans Heptones jusqu’aux petits nouveaux comme Jah Lion. Travaillant avec passion, il donne souvent sa chance à des inconnus, leur offrant un premier essai. Même Bob Marley retourne au Black Ark pour enregistrer Jah Live et Punky Reggae Party. Alors que d’autres pensent productivité, Perry prend le temps nécessaire pour arriver à la bonne vibration. Une session d’enregistrement au Black Ark fait penser à une fête, Perry laissant les portes du studio ouvertes, permettant aux curieux de venir y faire un tour, pendant qu’il danse, tape des mains et crie son approbation lorsqu’il est satisfait du résultat. Il utilise aussi des méthodes excentriques, comme souffler de la fumée de ganja sur les bandes pendant qu’elles tournent, pour s’assurer que la musique soit magique.

Il utilise un 4 pistes et donne l’impression d’un 8 pistes ou plus, en mixant plusieurs pistes sur une seule et en répétant le processus. « Il n’y avait que 4 pistes sur la machine, » expliqua Lee Perry, « mais j’en piochais 20 chez les extra-terrestres ».

Entre 1974 et 1979, beaucoup de pièces maîtresses de l’âge d’or du reggae sortent du Black Ark, comme War In A Babylon de Max Romeo, Super Ape des Upsetters, Police & Thieves de Junior Murvin, Party Time des Heptones ou Heart Of The Congos des Congos.

Pendant ce temps, le climat politique en Jamaïque se dégrade. Les deux principaux partis disposent d’hommes armés pour faire régner leur conception de l’ordre dans les rues de Kingston et asseoir leurs positions. De nombreuses chansons anti-violence voient alors le jour, décrivant une prochaine apocalypse, comme War Ina Babylon de Max Romeo, Cross Over de Junior Murvin et City Too Hot de Lee Perry. Durant cette période, les productions Black Ark reflètent assez fidèlement ce climat et cette confusion.

Dans ce contexte tendu, le son du Black Ark commence à être internationalement reconnu. Perry signe un accord de distribution internationale avec Island Records et attire bientôt l’attention du milieu rock, comme Paul McCartney, Robert Palmer ou les Clash.

En dépit des vibrations magiques de l’Arche Noire, tout n’allait pas bien au royaume de Perry. Pique-assiettes et vagabonds commencent à lui taper sur les nerfs. Les sessions marathons d’enregistrement mêlés à la ganja et à l’alcool incitent Island Records a considéré certains enregistrements comme insortables. Le Black Ark est également devenu la cible de bandits locaux qui font pression pour obtenir de l’argent pour assurer sa protection.

L’Arche noire a cessé de fonctionner dès 1979. Grillé physiquement, mentalement et spirituellement, Lee Perry et son studio tombent en morceaux. Son épouse Pauline l’abandonne, prenant les enfants avec elle. Perry oscille entre l’imaginaire et la réalité, et le départ de sa famille semble l’enfoncer un peu plus dans le chaos.

Les visiteurs et les journalistes le trouvent vénérant des bananes, vandalisant le studio, débitant de violentes diatribes, des bobines de bandes répandues sur le plancher et des appareils d’enregistrement inutilisables en raison des infiltrations d’eau dûes au toit troué. Le studio jadis tout puissant est maintenant un dépotoir.

En 1983, le Black Ark Studio est détruit par un incendie. Après avoir passé trois jours en prison, suspecté d’incendie, Perry n’a nulle part où aller. Sa vie en Jamaïque est en ruine, s’ensuit une période d’exil en Angleterre. Pendant cette période, son travail est irrégulier et ses collaborations douteuses. Sa relation fragile avec Island Records se brise lorsqu’il traite le chef d’Island Records Chris Blackwell de vampire et l’accuse d’être responsable de la mort de Bob Marley.

En 1987, Perry fait équipe avec le producteur anglais Adrian Sherwood et donne naissance à l’album Time Boom avec le Dub Syndicate.

En 1989, il s’installe en Suisse avec sa nouvelle épouse, Mireille Ruegg, une zurichoise qui devient son manager et la mère d’un garçon (Gabriel) et d’une fille (Shiva) qui s’ajoutent aux 4 précédents enfants : Cleopatra, Marsha, Omar et Marvin.

En 1990, il créée un nouveau studio, basé dans la cave de sa propriété en Suisse : le « White Ark », son laboratoire secret.

Vingt ans après l’apogée du Black Ark, Lee Perry connaît une renaissance avec une nouvelle vague de fans de sa musique. Fans et critiques redécouvrent la musique de Perry, notamment grâce à internet. Devant l’engouement du public, une grande variété de collections produites par Lee Perry sont rééditées, comme l’Arkology en 1997, anthologie du Black Ark en 3 CD préparée par Steve Barrow et David Katz.

En 2012, sur la recommandation d’Adrian Sherwood, il rencontre le groupe strasbourgeois ERM (Easy Riddim Maker) avec qui il réalise l’album Humanicity.

En 2012, la biographie de Lee “Scratch” Perry écrite par David Katz est traduite en français par l’écrivain Jérémie Kroubo-Dagnini et sort aux Editions Camion Blanc sous le titre “Lee “Scratch” Perry : People Funny Boy”.

Interview de David Katz par Reggae.fr :

Tu expliques que Lee Perry voulait que tu appelles le livre “The End of the Universe”. Comme l’as-tu convaincu d’accepter de le nommer dans sa version originale “People Funny Boy The Genius of Lee ‘Scratch’ Perry ” ?

Scratch comprend bien sûr l’importance de “People Funny Boy”, pas seulement dans sa propre carrière, mais aussi dans l’histoire de la musique populaire jamaïcaine. Le titre de cette chanson fait aussi référence à sa personnalité et à sa vision des autres êtres humains – particulièrement dans l’industrie musicale. Cela m’a donc semblé être un titre naturel, et il n’a pas eu de problèmes avec celui-ci. Je pense que “The End of the Universe” est l’un des nombreux titres qui lui sont venus ponctuellement”

Quelle est l’importance de cette chanson “People Funny Boy” ?

Cette chanson a fait date pour plusieurs raisons. Notamment, c’est la première chanson de Lee Perry en tant que producteur indépendant. A l’époque, bien que travaillant de temps en temps avec Linford Anderson, Clancy Eccles ou encore Bunny Lee, il avait quitté Coxsone, Joe Gibbs et ne travaillait plus avec Prince Buster. Cette chanson représente donc les débuts de sa force de production indépendante. Par ailleurs, il s’agit d’un titre stupéfiant à plusieurs égard. Il a ce rythme poco qui a aidé à donner naissance au reggae; y sont inclus le son d’un enfant qui pleure (pas le sien comme c’est souvent affirmé), et des paroles très puissantes, chantées par Perry lui-même. Enfin, comme je l’ai déjà dit, les lyrics capturent un peu l’essence de la personnalité de Perry – il utilise sa musique pour exprimer son mécontentement vis-à-vis des gens qui abusent des autres. Ce morceau est une part de génie sonore.

C’est Lee Perry qui t’a demandé en 1987 de construire cette biographie. Cela ne t’a-t-il pas en quelque sorte fait rentrer dans l’histoire même de sa légende ? Qu’est-ce que tout ce travail accompli sur cette biographie t’a apporté personnellement ?

C’est vrai… Lee Perry m’a invité dans son univers personnel d’une façon que je n’aurais jamais pu imaginer, juste sur la base d’un article que j’avais écrit dans le Wiring Department au sujet de l’album “Battle of the Armagedon” et de la manière dont je l’avais approché pour faire une interview. Ma vie en a été changée à bien des égards. Je ne pense pas que je vivrais encore à Londres aujourd’hui sans l’intervention de Monsieur Perry dans ma vie. Par ailleurs la sortie du livre en 2000 a clairement marqué le décollage de ma carrière d’écrivain. Mais de manière générale, ma vie a été enrichie par le simple fait d’avoir passé du temps avec Monsieur Perry. Il a beaucoup de sagesse à offrir et a changé ma manière de voir les choses. On pourrait dire qu’il m’a aidé à être plus ouvert, à m’ouvrir aux étrangers et à ce qu’ils me communiquent, et à considérer que les choses n’arrivent pas par hasard mais dans un but précis… il y a beaucoup d’autres choses qu’on pourrait dire mais le plus important est qu’il m’a aidé à cultiver mes talents d’écrivain et de photographe. Je me suis aussi senti extrêmement honoré d’avoir pu entretenir ce lien d’amitié avec lui. Il y a eu également beaucoup de moments inestimables, comme tous ceux passés en studio et en voyage avec lui en Angleterre, Jamaïque ou en Europe…

Qu’est-ce que ce livre a apporté à Lee Perry ?

Je pense que ce livre l’a aidé à réhausser un peu son image, à cristalliser tout le travail qu’il a accompli, à mettre en lumière son incroyable musique et à mettre en perspective ce qu’il est, d’où il vient et où il a été.

Tu écris que Lee Perry savait que tu serais capable d’écrire sa biographie avant que tu ne le saches toi-même. Quand as-tu réalisé que tu y arriverais ?

Je crois que je l’ai réalisé quand je tenais un exemplaire de la première édition en 2000. Le processus a été tellement long et rempli d’écueils que par moment je n’arrive toujours pas à croire que je l’ai vraiment fait.

Quelles sont les principales difficultés que tu as rencontrées durant les douze ans de processus d’écriture du livre?

Tout d’abord, cela m’a pris plusieurs mois avant de considérer que j’étais la bonne personne pour cette tâche. En fait au début j’ai répondu à Scratch qu’il y avait bien d’autres personnes plus habilitées que moi à écrire sa biographie mais il insistait et son idée était fixe. J’ai alors passé deux ans en sa compagnie quotidiennement, à sa demande, et c’était hallucinant. Mais à cette époque, du point de vue de l’avancement du livre, c’était assez frustrant car il était très réticent à parler du passé – il fuyait même son passé à vrai dire, en ne répondant jamais à mes questions directement. Mais la plus grosse difficulté a été de trouver un éditeur prêt à prendre le pari de publier un livre sur Lee “Scratch” Perry, et à me fournir et m’avancer de quoi aller et faire les recherches nécessaires en Jamaïque et un peu aux Etats-Unis. J’ai reçu des lettres de refus pendant des années, pendant 10 ans exactement. Paradoxalement, même l’éditeur qui a publié la deuxième version anglaise en 2006, qui est encore régulièrement tirée, a réagi la première fois que je lui ai parlé de ce livre en disant: “Lee qui ?” ajoutant “si ce livre avait concerné Bob Marley, nous aurions pu le considérer plus sérieusement”. Cela a donc été un grand soulagement quand j’ai finalement trouvé un éditeur qui savait qui était Lee Perry et à quel point il était important. Signer le premier contrat d’édition représentait beaucoup pour moi. Même si l’avance était peu élevée, elle a quand-même permis de voyager deux fois en Jamaïque, de rencontrer la famille de Perry, de fouiller dans son passé et même de passer quelques temps à New York pour y conduire plus d’interviews et y faire des recherches d’archives. Après tout cela, il a fallu écrire le livre à proprement parlé, ce qui m’a encore pris deux ans.

En tout, combien de voyages en Jamaïque as-tu fait pour le livre et y retournes-tu souvent ?

Pour mes recherches sur la biographie de Lee Perry, j’ai effectué mes deux premiers voyages en Jamaïque. Après la sortie de la biographie et avoir signé le contrat pour mon livre “Solid Foundation: An Oral History of Reggae”, j’ai pu y aller d’autres fois et à un moment, je pense que j’y allais à peu près quatre fois par an. Je ne sais pas combien de fois j’y suis allé en tout mais j’ai toujours beaucoup à faire là-bas ; j’y vais pour écrire des articles de magazine, pour le lancement de mes livres, pour des conférences à l’Université des West Indies, pour les licences avec des labels, pour collaborer à la venue d’artistes en Europe etc… La Jamaïque est un endroit incroyable et fascinant et j’ai toujours plaisir à y aller.

Y a-t-il des informations sur Lee Perry que tu as décidé de ne pas révéler ou qu’il t’a demandé de ne pas diffuser?

Il y a eu des informations en particulier que Monsieur Perry et sa famille m’ont demandé de mettre de côté, et j’ai bien sûr respecté leur souhait à ce niveau.

L’énorme entreprise de recherches et d’entretiens que tu as menée pour cette biographie peut-elle être considérée comme achevée ?

Probablement pas – et certainement pas tant que Monsieur Perry est encore en vie, fait de la musique et de l’art.

Y a t-il des mystères encore non résolus ou des questions que tu voudrais lui poser ?

J’ai toujours toutes sortes de questions à l’attention de Monsieur Perry et dès que l’opportunité se présente, je les lui pose. Nous maintenons une bonne relation et des contacts réguliers, ce qui me permet de pouvoir lui poser des questions de temps en temps. Et lorsque, parfois, il veut que le monde soit mis au courant de quelque chose, il me contacte afin de l’exprimer pour lui.

Comment expliques-tu tous les problèmes de droits d’auteur apparus dans les années 60 en Jamaïque ? Ces difficultés ont, semble-t-il, amené beaucoup d’artistes à être aigris et ont provoqué beaucoup de ressentis entre les artistes ainsi qu’en eux, notamment chez Lee Perry…

Oui, c’est une situation compliquée. La législation sur les droits d’auteur était très pauvre et inappropriée jusqu’à assez récemment en Jamaïque. Et le peu de lois qui existaient n’étaient même pas complètement appliquées. La Jamaïque n’est pas le seul Etat dans ce cas, mais il est vrai que ce problème a particulièrement concerné le reggae. Dans la mesure où des artistes n’étaient pas informés sur les droits d’auteur et n’avaient aucune idée de comment marche le système de royalties et de combien ils étaient censés être payés pour leur travail, il est normal que de l’amertume se soit emparée d’eux. Concernant Lee Perry et les artistes avec qui il a travaillé, il y a toujours plusieurs points de vue sur ce qui s’est passé à l’époque et il est donc pour moi difficile de commenter tout ça avec certitude. Tu as remarqué dans le livre que plusieurs artistes se plaignent et que Perry rejettent les accusations de certains et pas d’autres. La situation entre Lee Perry et les Wailers est particulièrement confuse… Certains accusent Lee Perry d’avoir sorti certains de leurs disques sans leur autorisation en Angleterre mais selon moi, Perry a lui-même été victime de fraude ; ce sont les maisons de disque et les tiers qui doivent être considérés comme responsables…

Quel est, de nos jours, le sentiment de Lee Perry vis-à-vis de Bob Marley, sa carrière et ce qu’il lui a apporté ? Et concernant les frères Barrett et les Wailers en général, quel est son sentiment ?

Très bonne question, mais à laquelle aucune réponse ne peut certainement être donnée. Lee Perry ne cesse d’exprimer des sentiments contradictoires à l’égard Bob Marley. La dernière fois que je l’ai vu (il y a quelques mois à Brixton) il s’en prenait à Marley, et le fait que celui-ci aurait consommé de la cocaïne à la fin de sa vie, et que c’est cela qui lui aurait valu la mort et des choses comme ça. Mais Perry a toutefois clairement exprimé tout au long de sa vie l’affection exceptionnelle qu’il lui porte et je pense que c’est vrai. Perry est tout à fait conscient du fait que Bob Marley était très spécial et de la particularité de la relation qu’ils entretenaient. Il parle de Bob comme d’un frère qui a appris beaucoup de Perry. Bien qu’il mette souvent en avant sa séniorité et le fait qu’il ait été en quelque sorte le mentor de Bob Marley, Perry a également clairement indiqué avoir beaucoup appris à ses côtés. Perry a aussi eu l’occasion de parler très positivement de Peter Tosh, de même pour Bunny Wailer, dont il a été l’ennemi pendant longtemps et qu’il considère comme un très bon chanteur. Je crois qu’il est parfaitement conscient de la puissance et de la gloire du travail qu’ils ont tous accompli ensemble. Perry continue d’évoquer Family Man en particulier, mais aussi son frère Carly, avec beaucoup de considération. Quand je l’ai vu à Brixton, Il a aussi indiqué que le bassiste Boris Gardiner était la meilleure chose qui soit arrivée à la musique dans les années 70.

Etais-tu étonné d’entendre en 2009 que Lee Perry retournait en Jamaïque afin d’enregistrer un album avec les Congos  ?

Tu sais, avec Scrath, on apprend à s’habituer à l’inattendu… mais c’était une bonne nouvelle. Je sais que les Congos avaient toujours beaucoup d’estime pour Scratch malgré les côtés négatifs et l’amertume du passé. Je pense que cela montre la manière dont Mediacom avait proposé le projet, leur dévotion et leur capacité à faciliter sa réalisation.

Selon toi, quelle est la source du profond et fort mysticisme de Lee Perry ?

Je crois que la nature mystique de Lee Perry trouve son origine dans son ascendance. Quand tu penses que sa mère était une Reine Ettu, à qui était confiée une danse sacrée dont l’existence et la mémoire a survécu toute la période de l’esclavage et le départ d’Afrique – danse utilisée pour communiquer avec les esprits des ancêtres afin de leur demander conseils – et bien je crois que son caractère et son système de croyance découlent directement de là. Cela a influencé sa vision de la vie, du monde et sa manière de créer.

Perry est incontestablement un adepte de Rastafari, mais il envisage Rastafari de la même manière que le reste des choses qu’il approche, c’est-à-dire à sa façon, une façon unique et qui lui est totalement personnelle. Concernant l’aspect plus vaudou, c’est un peu ambiguë… Pour faire court, ce qu’il faut retenir c’est que “Obeah” fait partie de la psyché jamaïcaine et celle de Lee Perry aussi. Cette croyance dans l’esprit du monde est liée à l’idée qu’il existe des forces du bien et du mal qui influencent ce qui se passe sur notre terre. Mais il est difficile de clairement identifier les convictions de Perry en ce qui concerne le vaudou dans la mesure où il joue volontiers avec cette notion.

As-tu déjà vécu des expériences mystiques avec Lee Perry ?

Je ne suis pas sûr que l’on puisse évoquer une expérience mystique à proprement parlé mais je dirais qu’il est très perspicace… bien plus perspicace que la majorité des êtres humains. Il m’est arrivé de passer du temps avec lui à des périodes où il semblait être coupé du monde… mais le contraire est aussi vrai: il est capable de remarquer le moindre détail et de lire les pensées et les intentions de ses interlocuteurs, même avant qu’ils les aient exprimées. C’est troublant et difficile à décrire mais j’ai été témoin de cela plusieurs fois… De même, le voir débattre des questions religieuses les plus pointues avec des étrangers était poignant et très divertissant…

Comment décrirais-tu brièvement l’énorme influence de Lee Perry sur la musique jamaïcaine et d’autres musiques telles que le dub, le hip-hop, la punk, l’électro… ?

Concernant la musique jamaïcaine, on peut dire qu’il a activement participé à sa mutation, en la faisant transiter du rhythm and blues au ska, puis en commettant quelques titres cruciaux du rocksteady avec Prince Buster et Joe Gibbs, avant de donner naissance au reggae avec “People Funny Boy”… puis, en réalisant ses incroyables travaux avec les Wailers, qui les ont apportés au regard du monde extérieur et les ont préparés pour leur contrat avec Island… Il faut aussi retenir ses expériences anticipées avec le dub et l’art du deejaying… et puis avec la construction de son studio, il est allé tellement loin dans la profondeur et la texture du dub et du reggae… il était le pionnier de techniques qui ont influencé de plein de manières les producteurs d’autres musiques, en ce compris ce qu’on appelait l’ambiante de Brian Eno mais après cela aussi la transe, la techno, la house, le dubstep etc etc… Ses enregistrements en mode deejay préfiguraient déjà les travaux du rap américain… et bien sûr ses collaborations avec les Clash et “Punky Reggae Party” avec Marley ont également constitué des pierres angulaires de la musique en général.

Tu insistes en effet dans ton texte sur le fait que Lee Perry était et reste en avance sur son temps…

Oui, il était très en avance sur son temps en termes de techniques d’enregistrement. Cela était particulièrement vrai lorsqu’il travaillait en Jamaïque dans les année 60 et 70 mais cela reste aussi vrai aujourd’hui… même si cela se remarque moins dans la mesure où ses techniques sont complètement embrassées par les artistes avec qui il collabore. D’une certaine manière, ces autres artistes façonnent encore plus davantage que lui le résultat final.

De quelle période selon toi Lee Perry garde en lui les meilleurs souvenirs ?

Hmm… Je pense vraiment qu’il ne campe pas sur le passé. Il préfère vivre au présent et même dans le futur. Ce sont seulement ses fans et les journalistes qui veulent constamment le rapporter au passé.

Tu fais souvent référence dans le livre à la complexité des productions de Lee Perry. Quelle est selon toi son travail le plus complexe ?

Il y en a tellement… Un qui me vient à l’esprit comme ça est “Heart of The Congos” tu as des couches et des couches de sons sur cet album différentes voix se mélangeant à celles des Congos et beaucoup de percussions, plus le meuglement d’une vache, plus des effets d’échos sur différents instruments et les voix cette production est bien complexe ! Il en est de même du mix original de “Blackboard Jungle Dub” avec ses arrangements spatiaux. L’incroyable “Super Ape” est également compliqué avec tout le travail du dub à partir des voix.

Quel meilleur souvenir gardes-tu de toutes ces années passées à travailler sur la biographie, rencontrer Lee Perry et interviewer tant d’acteurs de l’industrie musicale jamaïcaine ?

Il y a beaucoup de souvenirs géniaux mais le plus incroyable est probablement celui de l’interview de Lee Perry et Clement “Sir Coxsone” Dodd ensemble, à Studio One en Jamaïque, en la présence King Stitt, des Silverstones, Winston Jarrett, Earl “Bagga” Walker”, et je crois que Leroy “Horsemouth” Wallace est passé aussi ce jour-là. En photographiant Lee Perry et Dodd, j’ai dû me pincer pour être sûr que c’était réel.

Si tu devais choisir trois morceaux ou productions de Lee Perry parmi sa discographie…

Lee Perry “People Funny Boy”

Bob Marley & The Wailers “Soul Rebel”

Lee Perry & The Full Experience “Disco Devil”

Voici la discographie détaillée de cet immense artiste :

The Upsetters – The Upsetter (1969)

The Upsetters – Return Of Django (1969)

The Upsetters – Clint Eastwood (1970)

The Upsetters – Many Moods Of The Upsetters (1970)

The Upsetters – Scratch The Upsetter Again (1970)

The Upsetters – Eastwood Rides Again (1970)

Lee “Scratch” Perry – Africa’s Blood (1972)

The Upsetters – Scratch The Upsetter – Cloak & Dagger (1973)

The Upsetters – Rhythm Shower (1973)

The Upsetters – 14 Dub Blackboard Jungle (1973)

The Upsetters – Double Seven (1974)

King Tubby Meets The Upsetter – At The Grass Roots Of Dub (1974)

The Upsetters – Musical Bones (1975)

The Upsetters – Return Of Wax (1975)

The Mighty Upsetter – Kung Fu Meets The Dragon (1975)

Lee Perry & The Upsetters – Revolution Dub (1975)

The Upsetters – Super Ape (1976)

Lee Perry – Roast Fish Collie Weed & Corn Bread (1978)

The Upsetters – Return Of The Super Ape (1978)

Lee “Scratch” Perry – The Return Of Pipecock Jackxon (1980)

Lee “Scratch” Perry – Black Ark In Dub (1981)

Lee “Scratch” Perry & The Majestics – Mystic Miracle Star (1982)

Lee “Scratch” Perry – History, Mystery & Prophesy (1984)

Lee ‘Scratch’ Perry & The Upsetters – Battle Of Armagideon (Millionaire Liquidator) (1986)

Lee ‘Scratch’ Perry & The Dub Syndicate – Time Boom X De Devil Dead (1987)

Lee “Scratch” Perry – Satan Kicked The Bucket (1988)

Lee “Scratch” Perry & Mad Professor – Mystic Warrior (1989)

Lee “Scratch” Perry & Mad Professor – Mystic Warrior Dub (1989)

Lee “Scratch” Perry – Message From Yard (1990)

Lee “Scratch” Perry – From The Secret Laboratory (1990)

Lee “Scratch” Perry Meets Bullwackie – Satan’s Dub (1990)

Lee “Scratch” Perry – Spiritual Healing (1990)

Lee “Scratch” Perry – Lord God Muzik (1991)

Lee “Scratch” Perry – The Upsetter & The Beat (1992)

Lee “Scratch” Perry & Mad Professor – Black Ark Experryments (1995)

Lee “Scratch” Perry – Experryments At The Grass Roots Of Dub (1995)

Lee “Scratch” Perry featuring Mad Professor/Douggie Digital/Juggler – Super Ape Inna Jungle (1996)

Lee “Scratch” Perry – Who Put The Voodoo Pon Reggae (1996)

Mad Professor & Lee ” Scratch” Perry – Dub Take The Voodoo Out Of Reggae (1996)

Lee “Scratch” Perry – Technomajikal (1997)

Lee “Scratch” Perry – Dub Fire (1998)

Lee “Scratch” Perry – Fire In Dub (1998)

Lee “Scratch” Perry – On The Wire (2000)

Mad Professor & Lee “Scratch” Perry – Techno Party (2000)

Lee “Scratch” Perry & Niney The Observer – Station Underground Report (2001)

Lee “Scratch” Perry – Jamaican E.T. (2002)

Lee “Scratch” Perry – Alien Starman (2003)

Lee “Scratch” Perry & The Whitebellyrats – Panic In Babylon (2004)

Lee “Scratch” Perry – End Of An American Dream (2007)

Lee “Scratch” Perry – The Mighty Upsetter (2008)

Lee “$cratch” Perry – Repentance (2008)

Lee “Scratch” Perry – Scratch Came Scratch Saw Scratch Conquered (2008)

Lee “Scratch” Perry & Adrian Sherwood – Dub Setter (2009)

Lee “Scratch” Perry – The Unfinished Master Piece (2010)

Lee “Scratch” Perry – Revelation (2010)

Lee “Scratch” Perry & Bill Laswell – Rise Again (2011)

Lee “Scratch” Perry – Master Piece (2012)

Lee “Scratch” Perry & ERM – Humanicity (2012)

The Orb feat. Lee “Scratch” Perry – The Orbserver In The Star House (2012)

The Orb feat. Lee “Scratch” Perry – More Tales From The Orbservatory (2013)

Lee “Scratch” Perry – Back On The Controls (2014)

Lee “Scratch” Perry & Pura Vida – The Super Ape Strikes Again (2015)

Lee “Scratch” Perry – Must Be Free (2016)

Lee “Scratch” Perry & Subatomic Sound System – Super Ape Returns To Conquer (2017)

Lee “Scratch” Perry – The Black Album (2018)

Lee “Scratch” Perry – Alien Dub Massive (2019)

Lee “Scratch” Perry & Woodie Taylor – Big Ben Rock (2019)

Lee “Scratch” Perry – Rainford (2019)

Lee “Scratch” Perry & Mr. Green – Super Ape vs Open Door (2019)

Lee “Scratch” Perry – Life Of Plants (2019)

Lee “Scratch” Perry – Heavy Rain (2019)

Lee “Scratch” Perry – Live In Brighton (2020)

Lee “Scratch” Perry – Lee Scratch Perry Presents The Full Experience (2020)

Lee “Scratch” Perry and Spacewave – Dubz Of The Root (2021)

Lee “Scratch” Perry & Ral Ston – Friends (2021)

Lee “Scratch” Perry & Ral Ston – No Bloody Friends (2021)

Lee “Scratch” Perry & Ral Ston & Scientist – Scratch & Scientist Meet Ral Ston To Conquer The Evil Duppies (2021)

Lee “Scratch” Perry & New Age Doom – Lee “Scratch” Perry’s Guide To The Universe (2021)

Hommage à Bunny Wailer né Neville O’Riley Livingston le 10 avril 1947 à Nine Miles et décédé le 2 mars 2021 à Kingston à l’âge de 73 ans. Il fait la connaissance de Bob Marley en 1952 lorsque leurs deux familles s’installent à Kingston dans le quartier de Trenchtown. Chez le chanteur Joe Higgs, qui initie à la musique les jeunes du quartier, ils rencontrent Peter Tosh. En 1963, ils forment The Juveniles avant d’adopter le nom The Wailers et se font connaître du public jamaïcain en 1964 avec un premier hit : Simmer Down. Bunny Wailer participe à l’enregistrement des albums Catch A Fire et Burnin’ en 1973. Alors que les Wailers connaissent un début de succès au niveau international, il s’efforce de suivre les préceptes du mouvement rasta et refuse de suivre la formation lors des tournées à l’étranger. Il quitte les Wailers en 1974, bientôt suivi par Peter Tosh, qui se lance lui aussi dans une carrière solo. Son premier album solo, Blackheart Man, paraît en 1976. Le chanteur attend 1986 pour entreprendre sa première tournée internationale. Ses disques se vendent moins que ceux de Tosh et Marley, ce qui fait de lui le musicien le plus sous-estimé du trio. Néanmoins, ses albums Time Will Tell : A Tribute To Bob Marley et Hall Of Fame : Tribute To Bob Marley’s 50th Anniversary reçoivent un Grammy, respectivement en 1990 et 1995. On se souviendra de son concert d’anthologie au Summer Vibration Reggae Festival le 23 juillet 2015.

Hommage à U Roy né Ewart Beckford le 21 septembre 1942 à Jonestown et décédé le 18 février 2021 à Kingston à l’âge de 78 ans, également connu sous les noms de The Originator ou Daddy U Roy. En 1961, avec King Tubby qui expérimente le dub dans son sound system et devient extraordinairement populaire, U Roy connaît la célébrité. En 1969, il enregistre Dynamic Fashion Way pour Keith Hudson. Puis John Holt, chanteur des Paragons, totalement impressionné par l’une de ses prestations live, lui proposa d’enregistrer Wear You To The Ball et suggéra fortement à son producteur Duke Reid de lui faire signer un contrat exclusif avec sa maison de disques Treasure Isle. Wake The Town (reprise de Girl, I’ve Got A Date d’Alton Ellis) et Rule The Nation (reprise de Love Is Not A Gamble des Techniques) occuperont les trois premières places des palmarès jamaïcains pendant plus de huit semaines consécutives. Ce nouveau son fit sensation et supplanta carrément le style vocal, au point où il devint impératif pour les chanteurs d’enregistrer des duos avec les DJ pour se démarquer et certains chanteurs changeront résolument de camp. À la même époque, U-Roy décida d’investir dans son propre sound system, le sound Stur Gav d’après les abréviations de son nom et de celui de ses fils (ST pour Stewart, UR pour U-Roy et GAV pour Gavin). Sans vouloir se mettre en valeur, U-Roy comptait sur ses valeureux et créatifs DJ pour improviser des heures durant sur les rythmiques, ne prenant le microphone qu’occasionnellement. En décembre 2019, il a été couronné Roi du Dancehall par Shabba Ranks à New-York.

Humble et affable, il a toujours géré sa carrière et sa vie de manière discrète, il a toujours habité la même maison, dans le même quartier de Jonestown à Kingston, et a partagé sa vie entre la Jamaïque, le Royaume-Uni et le reste du monde, où il a fait de nombreuses tournées. Le gouvernement jamaïcain lui a remis l’Ordre de la Distinction en 2007, pour son immense contribution à la culture musicale en 58 ans de carrière : en plus du reggae dont il a changé la face, le domaine du hip-hop lui doit aussi une fière chandelle. Le Festival Bêtes de Scène à Mulhouse l’accueillait le 13 juillet 2009.

Hommage à Tonton David décédé le 16 février 2021 à l’âge de 53 ans. Premier chanteur de reggae français à avoir réussi à atteindre les sommets du Top 50 tout en conservant l’intégrité d’un style de musique conscient et engagé. En 1990, la mixtape Rapattitude qui va poser les bases de la musique urbaine à la française rassemble NTM, Assassin, Dee Nasty, mais également les artistes issus de la culture reggae : Saï Saï, Daddy Yod et bien sûr Tonton David qui y pose Peuples du monde. Le morceau devient très rapidement un hit et son clip, réalisé par Mathieu Kassovitz, rencontre un énorme succès au point d’être parodié plus tard par les Inconnus.

Cette expérience réussie débouche sur la réalisation du premier album de Tonton David, Le Blues des racailles, qui sort en 1991. Il fait découvrir au public français les sonorités du raggamuffin et propage des messages forts, de ceux qu’on entend encore peu dans les médias. Les titres CV, Le blues des racailles, Pretoria, A qui la faute, Cash deviennent les hymnes des enfants des cités. En 1992, son album Allez leur dire avec les hits Ma number one et Sûr et certain est un nouveau succès populaire. En 1993, il participe à la BO du film Un indien dans la ville qui obtiendra une Victoire de la musique, avec le titre Chacun sa route suivi de son troisième album Récidiviste. Les concerts s’enchaînent : Fête des Kafs à Saint-Denis de la Réunion, Printemps de Bourges, Reggae Sunsplash en Jamaïque…
Après avoir produit et participé à la compilation Sans limite en 1998 sur laquelle il enregistre un duo avec Princess Erika et un autre avec les Neg’Marrons, l’artiste publie l’opus Viens en 1999 qui ne rencontre pas le même succès. Le label Virgin décide alors de publier un Best Of en 2002, idée qui ne plaît pas trop à l’artiste même s’il accepte d’y poser un titre original. David quitte la banlieue parisienne pour s’installer au calme à la campagne.

Hommage à Albert Griffiths né le 1er janvier 1946 à St Elizabeth et décédé le 15 décembre 2020 à Kingston. Il se retrouve à 14 ans dans le ghetto de Trenchtown, où il apprend la maçonnerie. Son ami Leonard Dillon des Ethiopians, l’encourage en 1966 à enregistrer un single You Are The Girl sous le pseudo Al & The Ethiopians sur la face B de leur tube Train To Skaville. En 1967, avec David Weber et Errol Grandison il forme le trio vocal The Gladiators. En 1969, Clement Coxsone Dodd sort leurs hits : Hello Carol, Bongo Red et Roots Natty. En 1970, David Webber est remplacé par Clinton Fearon. En 1976, le producteur Tony Robinson les introduit chez Virgin pour la sortie de l’album Trenchtown Mix Up. Les labels Nighthawks puis Heartbeat s’occupent des sorties suivantes des Gladiators qui enchaîneront durant 30 ans les tournées mondiales. En 2005, sur l’album Father & Sons, Albert partage le micro avec son fils Al Griffiths et prend sa retraite, affaibli par la maladie de Parkinson. Son concert à la Foire aux Vins en 2005 fut un moment magique avec de nombreux classiques et des reprises de Bob.

Hommage à Frederick Nathaniel Hibbert dit “Toots” né le 8 décembre 1942 à May Pen en Jamaique, dernier d’une famille de sept enfants, il a grandi en chantant du gospel dans la chorale d’une église baptiste. Il s’installe à Kingston au début des années 1960, y rencontre Raleigh Gordon et Jerry Matthias avec lesquels il forme le trio vocal “The Maytals”. Ils enregistrent avec des producteurs tels que Coxsone Dodd, Prince Buster, Byron Lee et Leslie Kong. En 1966, Frederick “Toots” Hibbert est emprisonné dix-huit mois pour détention de marijuana. Il fera de son matricule “54-46” un tube dès sa sortie de prison. Son tube de 1969 “Pressure Drop” figurera dans la bande originale du film “The Harder They Come” en 1972. En 1973,  Chris Blackwell produit “Funky Kingston”  pour Island/Mango Records et en 1980, un disque live, enregistré, mixé, pressé dans la nuit et vendu le lendemain dans les magasins à Londres. En 1982, Frederick Hibbert se sépare de Jerry et Raleigh. En 2004, “True Love”, album de duos avec Ben Harper, Shaggy, Eric Clapton, Keith Richards, remporte le Grammy du meilleur album de reggae. En 2011, Toots apparait dans le documentaire “Reggae Got Soul : The Story Of Toots and The Maytals”. En mai 2013, il doit annuler sa tournée, atteint à la tête par une bouteille lancée pendant un concert au River Rock Festival de Richmond. Son agresseur William C Lewis est condamné à 6 mois de prison malgré une lettre de Toots au juge dans laquelle il précise : “Ma propre peine et souffrance serait accrue de savoir que ce jeune homme pourrait connaître le même sort que moi”. En août 2020, Toots est admis en soins intensifs à l’hôpital, plongé dans un coma artificiel à la suite de complications respiratoires et une suspicion de Covid 19, il meurt le 11 septembre 2020 alors qu’il venait juste de sortir un album “Got To Be Tough” produit par Zak Starkey (fils de Ringo Starr) sur lequel figurent Ringo Starr, Ziggy Marley et Cyril Neville. “Je suis très fier de ce que j’ai fait et de l’amour que j’ai donné”, avait-il déclaré cet été au journal Rolling Stone. “Mais cela devient de plus en plus difficile de donner aux gens l’amour dont ils ont besoin et ils en ont besoin plus que jamais.”

Hommage à Bobby Digital Dixon, patron du label Digital-B qui fit les grandes heures du reggae des années 90 décédé à l’âge de 59 ans.

Restez curieux et consultez notre sélection de vidéos et de livres  :

https://www.lalsace.fr/culture-loisirs/2020/04/17/le-disque-du-jour-spirit-revolution-une-evasion-jamaicaine

Interview de Mike du groupe Sinsemilia en rubrique Podcast

On connaissait la plume de Mike D’Inca dans les chansons de Sinsemilia, mais on ne le savait pas écrivain. Le compère de Riké au sein de la formation grenobloise a sorti un livre le 26 avril 2019, intitulé Souvenirs d’un Sinsemilia qui est plus une succession d’anecdotes, parfois drôles, parfois moins ; une histoire de potes passionnés qui dure depuis bientôt trente ans et qui semble loin d’être terminée quand on lit ces aventures contées avec tant d’émotion. Mike nous plonge dans l’intimité du groupe et nous invite à s’asseoir au fond du tour bus avec lui pour évoquer ses souvenirs les plus marquants. Ce livre dévoile aussi la clé de la longévité d’un groupe qui cultive l’esprit de famille !

«  Tu es vilaine  » est la première phrase que Bob Marley lance à Pascaline Bongo, la fille aînée du président gabonais Omar Bongo. Elle a 23 ans et elle vient de se glisser dans la loge du chanteur, après un de ses concerts aux États-Unis. En 1979, Bob a 34 ans et est à l’apogée de sa carrière. Autour de lui, un essaim de groupies tente désespérément d’attirer son attention, sous le regard attentif de sa femme et choriste, Rita Marley. Mais Pascaline, fille chérie de son père tout-puissant, n’a pas l’habitude de se faire rembarrer. Grande et sculpturale, elle regarde un instant la super star droit dans les yeux, médusée, puis éclate d’un grand rire. C’est parce qu’elle a les cheveux défrisés, or pour les rastas, les cheveux, c’est sacré, ils ne doivent être ni coupés, ni coiffés. Pascaline propose alors à Bob de donner un concert au Gabon, pour l’anniversaire de son père. Le chanteur n’a jamais joué en Afrique. Il répond positivement à son invitation. Ainsi commence la grande histoire d’amour, la dernière de sa vie, longtemps gardée secrète, entre Pascaline et lui. Une passion qui cristallise l’histoire de la décolonisation, de la religion rasta, du traumatisme de l’esclavage.

Anne-Sophie Jahn a enquêté pendant de longs mois et recueilli le témoignage inédit de Pascaline Bongo. Son récit mêle confidences personnelles et transe collective, afin de mieux connaître l’icône rasta disparue à l’âge de 36 ans. De nombreux livres ont été consacrés à Bob Marley. Aucun ne l’avait jamais cerné de si près. Idéal pour se faire bronzer les neurones !

Anne-Sophie Jahn, 35 ans, est journaliste au Point depuis 2011, spécialisée dans la musique et la culture pop, elle est aussi auteur de « Les 7 péchés capitaux du rock ».

ISBN : 9782246818755

Editions Grasset

220 pages

Prix : 20 €

Massilia Sound System - Nouvelle édition

Né en 1986 en banlieue parisienne, Camille Martel montpelliérain depuis 1993, est venu à la musique et au journalisme à travers la culture hip-hop et la langue occitane. Membre du groupe Mauresca, il a croisé de nombreuses fois la route du Massilia Sound System et noué avec ses membres la relation de confiance nécessaire à un tel travail. L’ouvrage inclut de nombreuses photos originales, analyse les hauts, les bas, les coups d’éclats et les coups du sort d’un groupe en perpétuelle évolution.

ISBN : 9782361397746

Editions Le mot et le reste

406 pages

Prix : 25 €

ERIC DOUMERC & JAMES DANINO : DANCEHALL EXPLOSION

La musique “dancehall” apparait vers la fin des années 1970 en Jamaïque et semble établir une coupure nette avec la tradition du “reggae roots” développée par des artistes comme Bob Marley, Peter Tosh, Burning Spear ou Culture. De nouveaux artistes occupent le devant de la scène et un nouveau son émerge grâce à des musiciens comme les Roots Radics ou Sly Dunbar et Robbie Shakespeare. Les DJ commencent à prendre une place très importante dans la musique jamaïcaine, ainsi que les “sound systems”, véritables sonos ambulantes qui ont déjà contribué énormément à façonner le son du reggae pendant les années 1970. Des DJ comme Yellowman, Lone Ranger, Papa Michigan et General Smiley, deviennent extrêmement populaires et supplantent même certains chanteurs dans le coeur des amateurs de reggae. Après une première vague “dancehall” entre 1979 et 1985, la révolution numérique fait déferler une seconde vague, avec de nouvelles méthodes de production et des artistes comme Shabba Ranks, Ninjaman ou Tiger. Cet ouvrage propose au lecteur curieux ou à l’amateur de reggae un voyage dans le dancehall des années 1980 à travers une série de portraits de DJ et singjays de cette époque, portraits qui tentent d’aller au-delà d’une opposition convenue entre “culture” et “slackness”, qui semble avoir dominé la perception de cette musique en Europe. Populaire, provocatrice et toujours dynamique, la musique “dancehall” des années 1980 représente une étape importante dans le développement de la musique de la Jamaïque, et cet ouvrage en fait percevoir la complexité et l’humanité. Idéal pour se faire bronzer les neurones !

ISBN : 9782378482459

Editions Camion Blanc

294 pages

Prix : 30 €

ALEXANDRE GRONDEAU : BOB MARLEY UN HEROS UNIVERSEL

Bob Marley est une icône connue de tous, une star internationale entrée dans l’imaginaire collectif, dans la pop culture et les discothèques familiales du monde entier. Sa carrière est immense, son héritage artistique essentiel et sa place dans l’histoire de la musique aux côtés des plus grands : Mozart, Miles Davis, les Beatles, Michael Jackson. Robert Nesta Marley est un géant. L’unique artiste dont le nom seul dépasse le style musical auquel il appartient.

Parmi les biographies du chanteur, celle-ci apporte un nouveau point de vue à l’histoire du natif de Saint Ann allant au-delà de la carrière de l’artiste, de sa naissance, de sa mort, de ses amitiés et ses amours, de sa musique et ses tournées mondiales. Pour inscrire le Tuff Gong dans son siècle, dans son humanité, dans l’histoire, qui lui a donné un rôle si particulier à jouer et la capacité de traverser les époques sans prendre de rides. Les chansons de Bob Marley sont désormais éternelles. Elles appartiennent au patrimoine culturel de l’humanité au même titre que les discours du Mahatma Gandhi et de Martin Luther King, les combats de Nelson Mandela et de Che Guevara, la résistance des Black Panthers et du Roi des Rois Haïlé Sélassié, les dribbles géniaux de Zidane et de Maradona, les uppercuts dévastateurs de Mohamed Ali et Marcel Cerdan, les conquêtes innombrables de Don Juan et de Casanova…

Bob Marley est un héros universel, un musicien dont les paroles ont redonné confiance aux damnés de la terre, mais dont l’héritage apparaît aujourd’hui en partie dévoyé. Ce livre, sans concession, pose pour la première fois les bases d’une réflexion critique sur l’homme, l’artiste, l’entourage, la carrière et l’héritage de la première superstar musicale issue du tiers monde, illustré par les photos d’Adrian Boot.

ISBN : 9782953883480

Editions La lune sur le toit

260 pages

Prix : 20 €

ALEXANDRE GRONDEAU : GENERATION H/ICI ET MAINTENANT

Las de sa vie en France et des galères à répétition, Sacha s’envole pour le Canada et entame un voyage qui le mène jusqu’en Jamaïque en passant par les Etats-Unis et Cuba. Sur sa route, il croise des fêtards invétérés et des fumeurs de cannabis qui incarnent les attentes et les espoirs déçus d’une génération.

Ici et Maintenant est le quatrième volet de la saga littéraire culte Génération H démarrée en 2013, un road trip autour du monde rendant hommage à tous les fumeurs d’élites, amateurs de plaisirs interdits et de fêtes inoubliables.

Maître de Conférences à l’Université d’Aix-Marseille, écrivain globe-trotter, Alexandre Grondeau est passionné par les mouvements underground et la contre-culture. Depuis plus de 15 ans, il est critique musical, spécialiste des musiques jamaïcaines et producteur de musique.

ISBN : 9782953883473

Editions La lune sur le toit

260 pages

Prix : 20 €

THIBAULT EHRENGARDT : KING TUBBY THE DUB MASTER

1989-2019 : pour les 30 ans de la disparition de l’inventeur et grand maître du dub, cette bio illustrée de nombreuses photos rares et pour la plupart inédites, retrace le parcours exceptionnel de cet homme qui a révolutionné la musique pop sans mettre un pied hors de Jamaïque. Précurseur des musiques électroniques, il a redéfini la musique depuis son petit bungalow perdu au fond du ghetto de Waterhouse. Revenir sur sa vie ne fut pas chose aisée. Personne ne souhaite que l’on parle de Tubby aujourd’hui. Cela a-t-il un rapport avec son meurtre brutal, survenu en 1989, devant chez lui ? Une plongée dans le quartier de Waterhouse, à la recherche des traces d’un mythe intimement lié à l’épopée fantastique des sound systems.

ISBN 9791094341087

Dread Editions

192 pages

Prix : 22 €

THIBAULT EHRENGARDT : LES GANGS DE JAMAIQUE

La Jamaïque : 1500 meurtres par an, 270 gangs en activité, le quatrième pays le plus meurtrier au monde. Deux ans après la chute du plus gros parrain de l’île, l’auteur s’est rendu sur place pour dresser l’état des lieux d’une violence orchestrée depuis toujours par les politiciens. Il a obtenu l’autorisation rarissime de suivre les policiers lors de leurs patrouilles et a passé plusieurs semaines avec les criminels, dans les ghettos de la capitale. Enquête journalistique indépendante sur les dessous d’une criminalité rampante qui étouffe toute une nation. Epuisé depuis plus d’un an, ce livre ressort pour les 10 ans de Dread Editions (2009-2019) avec un cahier de photos couleur et en version augmentée.

ISBN 9782953398243

Dread Editions

120 pages

Prix : 17,50 €

ERIC DOUMERC : NATTY DREAD TAKING OVER

Le trio vocal Culture fut formé en 1976 par Joseph Hill, Albert Walker et Roy Sylvester Dayes, et leur premier album, Two Sevens Clash, est aujourd’hui considéré comme l’un des plus importants albums de reggae. Entre 1976 et 2006, année du décès de Joseph Hill, le groupe Culture se produisit sur les scènes du monde entier, et contribua énormément à la popularité du reggae aux États-Unis, en Afrique, et en Europe. La figure charismatique de Joseph Hill ainsi que les harmonies vocales de ses deux amis rendirent les apparitions scéniques du groupe très populaires, mais le rythme effréné des concerts finit par avoir raison de Joseph Hill, qui décéda en août 2006, lors d’une tournée européenne. Cet ouvrage propose une présentation historique, puis une analyse thématique de l’oeuvre de Culture qui replace cette dernière dans son contexte social et culturel. Il se compose de trois parties. La première partie présente la tradition orale jamaïquaine qui sous-tend l’oeuvre de Culture dans ses aspects profanes et sacrés. La deuxième partie se veut plus historique et retrace la longue trajectoire du groupe. La dernière partie adopte une approche thématique et tente d’élucider certains textes importants.

ISBN 9782378480806

Editions Camion Blanc

146 pages

Prix 28 €

 

THIBAULT EHRENGARDT : JAMAICAN STREET ART

Plus de 160 clichés inédits et une reliure haut de gamme pour faire le tour des magnifiques fresques murales de Jamaïque. Depuis les ruelles des quartiers défavorisés où il a vu le jour jusqu’aux devantures des épiceries de quartier en passant par les murs réhabilités de Fleet Street, le street art jamaïcain est la voix unique d’une expression en pleine révolution artistique. Cet ouvrage est le premier jamais consacré au “street art” jamaïcain entièrement en couleur. Plusieurs street artistes y racontent comment est née leur passion et comment cet art se développe et survit au coeur de la Jamaïque.

ISBN : 9791094341063

Dread Editions / Jamaica Insula

156 pages

Prix : 25 €

ALEXANDRE GRONDEAU : REGGAE AMBASSADORS 100 % REGGAE FRANCAIS

Le reggae français n’a jamais été aussi populaire. Il remplit des Zéniths à travers tout le pays. Les festivals qui lui sont dédiés ne désemplissent pas. On n’a jamais autant recensé de groupes, de sound systems, de sites internet, de blogs, d’émissions de radios locales, de fanzines, d’activistes, mais il reste curieusement absent de la presse et des chaînes de télévision nationales. Des premiers pas de Pablo Master et Daddy Yod dans les squats parisiens du début des années 1980, au Bercy rempli par Admiral T en 2017, en passant par les hits de Tonton David et de Princess Erika, le reggae français n’a cessé de rayonner. Il a fêté le succès sans conteste des Raggasonic, de Nuttea ou de Pierpoljak. Il a connu les tournées des Zéniths triomphales de Dub Inc et de Danakil. Il a aimé l’engagement de Sinsémilia, l’originalité de Biga Ranx, les messages conscients de Yaniss Odua, Straika D et Saël.

Pour écrire le livre et réaliser le film documentaire offert avec, il a fallu mobiliser deux réalisateurs, deux auteurs et six photographes. C’est Alexandre Grondeau (maitre de conférences à l’université Aix-Marseille, écrivain, auteur du best-seller Génération H et fondateur du site d’information de référence Reggae.fr) qui a lancé et piloté l’aventure, fort de son activisme musical débuté en 1998 et de centaines d’archives vidéo, d’interviews, de chroniques et de photos réalisées avec ses coauteurs pour différents médias.

ISBN : 9782953883460

Editions La Lune Sur Le Toit

200 pages

Prix : 28 €

BILL HOWELL & HELENE LEE : PINNACLE LE PARADIS PERDU DES RASTAS

Le Pinnacle (1940-1957) fut le creuset du mouvement rasta, le lieu où s’élabora la philosophie et le mode de vie qui allaient inspirer le reggae. Véritable état dans l’état jamaïcain colonial, où plusieurs milliers de descendants d’esclaves africains réapprirent la fierté et l’autosuffisance sous la bannière rouge, jaune et verte de Ras Tafari.

Bill ‘Blade’ Howell fils de Leonard Percival Howell, le fondateur du Pinnacle, est né et a grandi aux côtés de cet homme extraordinaire qui avait parcouru le monde et côtoyé les penseurs noirs de Harlem. Témoin des bons et des mauvais jours, Bill Howell trace un portrait saisissant de son père et d’une communauté où l’on « reconstruisait à la fois l’individu et la société ». Un monde sans argent, sans police, sans armée, sans impôts, et sans autre loi que le respect de l’autre et l’entraide ; un monde de femmes fortes, de libres-penseurs, d’artisans et de musiciens créatifs… jusqu’à ce que les autorités coloniales décident de mettre fin à un phénomène qui menaçait leur suprématie. Le village fut incendié et la communauté dispersée, mais trop tard : le message rasta s’était propagé à toute la Jamaïque et deviendra, grâce au reggae, un phénomène mondial. « Le Pinnacle est la preuve que lorsqu’on laisse les gens tranquilles, sans se mêler de leur vie, ils se gouvernent très bien par eux-mêmes. »

Cet ouvrage de plus de 200 pages agrémenté de photos, d’archives rares et d’annexes détaillées est incontestablement le livre à lire pour comprendre les origines de Rasta.

Hélène Lee journaliste, écrivain et documentariste est l’auteur de la biographie de L.P. Howell, Le Premier Rasta (Flammarion 1999), et du film au titre éponyme (Kidam, 2011),

Elle a également traduit le livre de Colin Grant Le Nègre au chapeau, une biographie passionnante de Marcus Garvey (Afromundi 2012). On lui doit aussi Voir Trench Town et mourir, les années Bob Marley (Flammarion 2004).

ISBN : 9782919215126

Editions Afromundi

210 pages

Prix : 16 €

VINCENT JEGU : REGGATTA DE BLANC LE REGGAE HORS JAMAIQUE

Ce livre se propose de traiter l’appropriation de la musique jamaïcaine par des artistes qui partagent cette volonté commune de les explorer et de donner à entendre les musiques hybrides issues de cette rencontre.

L’amateur éclairé, devant l’extrême éclectisme des titres choisis, peut de prime abord ressentir une légère impression d’égarement. Que partagent des morceaux comme « Ob-La-Di, Ob-La-Da » des Beatles, « African Reggae » de Nina Hagen ou « Twist & Crawl » de Death In Vegas ? À l’origine, un vent de liberté a soufflé sur une île des Antilles et emporté avec lui au-delà des Caraïbes des sonorités ska pour venir dissiper le smog anglais. Dans les quartiers populaires de Londres, le beat jamaïcain se mêle naturellement aux sonorités punk. Les Clash, Ruts ou Slits trouvent dans le reggae un nouveau terrain de jeu. De la même façon, le dub de King Tubby gagne les musiques électroniques dès les années 90. Le trip-hop voit ainsi le jour avec une multitude de groupes tels que Massive Attack ou Portishead. Reggatta de blanc, du nom du deuxième album de Police, donne à entendre d’une autre oreille le message métissé d’une bouteille jetée à la mer.

ISBN : 9782360548057

Editions Le Mot Et Le Reste

234 pages

Prix : 20 €

Voici les résultats des Victoires du Reggae 2021 :

ARTISTE MASCULIN INTERNATIONAL DE L’ANNÉE
1. Protoje
2. Ziggy Marley
3. Buju Banton
4. Anthony B

ARTISTE FÉMININE INTERNATIONALE DE L’ANNÉE
1. Koffee
2. Sara Lugo
3. Soom T
4. Flavia Coelho

GROUPE INTERNATIONAL DE L’ANNÉE
1. Groundation
2. The Wailers
3. Toots & The Maytals
4. Soja

SINGLE INTERNATIONAL DE L’ANNÉE
1. Listen To The Waves – Alborosie
2. Fix It – Clinton Fearon
3. Underdog Remix – Alycia Keys Feat. Protoje & Chronixx
4. Lockdown – Koffee

ARTISTE AFRICAIN DE L’ANNÉE
1. Tiken Jah Fakoly
2. Takana Zion
3. Burna Boy
4. General Tchefary

RÉVÉLATION DE L’ANNÉE
1. Jahnaton
2. Baltimores
3. The Strugglers
4. Jamesty

ARTISTE DUB / DIGITAL DE L’ANNÉE
1. Manudigital
2. Obf
3. Zion Train
4. Taiwan Mc

COUP DE COEUR DUB / DIGITAL DE L’ANNÉE
1. Afrikan Dub
2. Dub Traveller
3. Wicked & Bonnie
4. Art-X

SOUND / DJ DE L’ANNÉE
1. Irie Ites
2. Supa Mana
3. Artikal Sound
4. Shaman Sound

COUP DE CŒUR DU PUBLIC DE L’ANNÉE
1. I Woks
2. Fatbabs
3. Kubix
4. Scars

SINGLE FRANÇAIS DE L’ANNÉE
1. Marre – Danakil
2. Lucky Day – Naaman
3. Turning – Jahneration
4. Clarks aux pieds – Pierpoljak feat. Daddy Mory

GROUPE FRANÇAIS DE L’ANNÉE
1. Dub Inc
2. Danakil
3. Jahneration
4. Ryon

ARTISTE FRANÇAISE OU DUO FÉMININ FRANÇAIS DE L’ANNÉE
1. LMK
2. Sista Jahan
3. Mystically
4. Majesty

ARTISTE MASCULIN FRANÇAIS DE L’ANNÉE
1. Naâman
2. Biga Ranx
3. Yaniss Odua
4. Marcus Gad
5. Pierpoljak

Retrouvez en image l’artiste masculin et féminin de l’année

Bonne lecture et écoute

One love


More Articles for Show: Ok Fred