Radio Dreyeckland Libre

Summer Vibration Reggae Festival

SUMMER VIBRATION REGGAE FESTIVAL 2016

12 000 fans de reggae se sont retrouvés durant trois jours à Sélestat grâce à l’association Zone 51 organisatrice d’un événement désormais bien implanté et indéniablement reconnu pour son confort. Le camping s’est agrandi significativement avec ses douches et sanitaires entièrement non-chimiques, son équipe anti canicule et ses animations déjantées de l’association Pelpass. Pour garder propre le cadre naturel exceptionnel du site, le festivalier éco responsable est convié à récolter et trier ses déchets grâce à de nombreuses poubelles de tri. Un éco-pack est distribué à l’arrivée des campeurs avec des sacs poubelle jaunes, noirs et verts à déposer aux points de collecte et une Brigade Verte de 35 bénévoles sur 160 donne toutes les informations nécessaires. Autres nouveautés, le portique de brumisateurs, l’espace détente à l’ombre des arbres avec un bar à bières spéciales, un bar à cocktails et smoothies, ainsi qu’un stand de thés bio, dans une ambiance relaxante et intimiste. Le festival a définitivement passé un cap pour sa troisième édition en faisant la part belle aux MC’s et aux collaborations entre différents artistes. En effet, outre la traditionnelle Main Stage en plein air, carte blanche est laissée au collectif Rootikal Vibes Hifi de Besancon, pour diffuser ses basses non-stop tout au long des 3 jours au « Sound System Corner ». Cette scène indoor verra se relayer sans temps mort Skank Addikt Hi Power, Kumi Hifi, Subactive Sound, Mystical Rising et le dernier jour sera placé sous le signe du clash amical avec le sound system Bassline Soljah d’Epinal qui installera son propre matériel. Les amateurs de vinyls stepper, warrior ou rub a dub vont se régaler, la tête bien enfoncée dans les murs d’enceintes pour ne rater aucune des exclusivités.

Jeudi 28 juillet, la tâche ingrate d’accueillir sous la pluie les premiers festivaliers avides de son est réservée au jeune I Zaak (10 ans) suivi de son père selecta Vidjah aux platines. Lionsize au micro, parfois en duo avec le toaster irlandais Tazer, assurent un warm-up solide.

Mike Love issu d’une famille de musiciens originaire de la ville hawaïenne d’Oahu, propose un reggae roots où transparaît la beauté naturelle de son île paradisiaque dont il prône la préservation. Pour sa première tournée européenne, les performances d’homme-orchestre de ce véritable show man accompagné d’un redoutable percussionniste incitent à découvrir sa discographie de 4 opus auto produits.

Autre chantre de la pensée positive et pacifique, Yaniss Odua explore avec l’Artikal Band l’album « Moment Ideal ». Très souriant et disponible, il n’hésite pas à se soumettre à de sympathiques séances de selfies avec ses fans.

Chronixx, fils du chanteur Chronicle, pour sa seule date en France avec le Zincfence Redemption Band a permis aux massives de vivre l’ambiance « Dread & Terrible » du Reggae Sumfest dont il est un habitué.

Le feu brûle toujours autant à l’intérieur d’Alborosie. L’italien n’a pas perdu sa créativité et semble capable de fabriquer à la chaîne des hits avec sa voix rauque, ses rythmes lourds, recyclant la puissance du dub des années 70, l’énergie du rub a dub des années 80 et l’agressivité du new roots des années 90. Alborosie et le Shengen Clan restent pourtant bien ancrés dans les années 2000 et c’est là toute leur force.

Dee’Jo et The Architect bouclent la soirée avec des samples reggae/hip-hop chaloupés que l’Entourloop a sorti chez Banzai Lab.

Le vendredi 29 juillet c’est au groupe Spirit Revolution d’assurer le warm-up sous une météo plus favorable avec les titres « C’est Le Week End » ou « Dub & Ragga » de Jah Jah Man, « Justice » d’Ilements ou « Warn The World » du leader Faya Max.

Le groupe toulousain The Banyans partage avec un public de plus en plus large et réceptif des extraits de leurs albums « Steppin’ Forward » et « For Better Days » en attendant le prochain.

Taiwan Mc présente un reggae digital teinté de funk, dancehall et dub psyché extrait de « Heavy This Year » et « Diskodub » à la croisée des sound systems jamaicains, des clubs londoniens et des blocks party new-yorkaises.

Mellow Mood avec 3 musiciens, 2 chanteurs jumeaux, des textes militants et des riddims énergiques a bien mérité de remporter l’European Reggae Contest italien.

Alpha Blondy & The Solar System après 30 ans de carrière reste la star internationale la plus populaire du reggae depuis la disparition de Bob Marley. Fer de lance du reggae africain, il présente l’essentiel de son vingtième album « Positive Energy » ainsi que les classiques « America », « Jérusalem », « Cocody Rock », « Sweet Fanta Diallo », « Peace In Liberia », « Heathen » assorti d’un discours pacificateur et finit sur l’incontournable « Brigadier Sabary ».

Le reggae festif et engagé de Sinsemilia dont les tubes se succèdent avec générosité sème l’optimisme malgré la réalité ambiante. Albums solo de Riké et boîte de production de Mike ne sont pas les seuls dérivatifs des grenoblois, à suivre une tournée du duo en format sound system.

Le groupe parisien Hilight Tribe clôture la 2ème journée sur les rythmes ethno trance des 5 musiciens à grand renfort de djembés, congas, sitar, didgeridoo, inspirant voyage et évasion aux tuffeurs, dans un réel esprit de communion.

Le samedi 30 juillet Caporal Poopa originaire de Guinée-Bissau et Mam Dem Up sous un soleil enfin caniculaire « Allume le fire » en compagnie de Lionsize et achève son tour de chauffe sur l’efficace « Salam Alekum ».

Jahneration issu de la banlieue parisienne avec ses 2 chanteurs aux flows complémentaires, diffuse un reggae énergique mêlé de rap US dont on attend un 1er album réglé au Jahpason.

Le conscious entertainer Djanta a bourlingué durant 2 ans et est enfin de retour accompagné de Volodia, Patko, Kabraz et le Zulu Mouvement. Une saine émulation s’installe entre chanteurs et musiciens pour un moment riche en bonnes vibrations urbaines.

Sebastian Sturm au timbre de voix marleysien et Exile Airlines ses musiciens exceptionnels proposent un reggae oldschool original qui fascine l’auditoire.

Le public connaît par cœur les paroles de Tairo, alsacien par sa mère et loin d’être un débutant, il accueillera sur scène Ilements pour faire sauter de joie un public chaud bouillant avec l’appui indéfectible du Family Band.

Harrison Stafford chanteur et leader du groupe californien Groundation doit son nom de « Professor » aux cours d’histoire du reggae qu’il donnait à l’Université de Sonoma en Californie. Passionné par la Jamaïque et ses coutumes, il a réalisé « Holding On To Jah » documentaire sur l’histoire du mouvement rasta. Sa carrière solo a débuté avec « Madness » pèlerinage en Israël et en Palestine, témoignage sur l’influence du reggae dans la lutte pour l’égalité des droits et perpétuel combat du chanteur pour démontrer que le reggae est plus qu’une simple musique. Harrison Stafford & The Professor Crew passe en revue l’intégralité de l’album « One Dance » créé avec les fidèles Leroy “Horsemouth” Wallace, Errol “Flabba Holt” Carter, Lloyd “Obeah” Denton et Dalton Browne. Il indiquera au passage que « les récents événements n’ont rien à voir avec les musulmans, ni avec l’Islam, mais sont dus aux simples d’esprits que la force de la musique reggae va nettoyer de la surface de la planète ».

La belle et fraîche Alaine Laughton de sa voix limpide propose un reggae teinté de pop et une plastique de série jamaïquaine. Seule représentante féminine du Summer Vibration 2016, celle qui a collaboré avec les artistes majeurs de la scène reggae, introduit efficacement avec le Black Soil Band et son saxophoniste/chef d’orchestre Dean Frazer l’intervention fracassante d’un Tarrus Riley marqué par la disparition récente de son père.

Le lyonnais Panda Dub inspiré par la scène anglaise, a créé son propre style entre roots, stepper et électro dub, assisté de Tetra Hydro K, ils pratiquent ensemble labotomie et expériences in vivo sur les ultimes patients présents.

Cette troisième édition du Summer Vibration est sans aucun doute la plus réussie. Difficile de se renouveler lorsqu’on organise un festival uniquement dédié au reggae. Mais l’association Zone 51 trouve chaque année un concept différent pour ne pas lasser les festivaliers. Et ça fonctionne. Désireuse de mettre en avant la culture sound system, elle pourrait à l’avenir ouvrir des réflexions sur ce mouvement qui peut paraître primaire au premier abord, en mettant en avant son histoire à travers des conférences, films documentaires et expositions photos. On a hâte de savoir ce que les organisateurs nous concoctent pour l’an prochain. Longue vie au Summer Vibration, big up et merci au staff d’organisation pour l’énorme travail accompli.

One Love

Mighty Freddy

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SUMMER VIBRATION REGGAE FESTIVAL 2015

Pour la deuxième édition du Summer Vibration Reggae Festival, qui démarre sous la chaleur le vendredi 24 juillet 2015, la foule se presse dès l’ouverture des Tanzmatten de Sélestat (67).

Grâce à une organisation rodée, les bénévoles de Zone 51 s’activent à tous les postes et le public découvre le site au son oldschool des platines du strasbourgeois Get Ready. A l’extérieur, une grande scène, le bar, la restauration, des boutiques et des toilettes sèches. A l’intérieur, une petite scène et le merchandising des artistes.

Le public migre doucement, vers la salle encore fraîche où le jamaicain Clinton Fearon accompagné de son Boogie Brown Band de Seattle l’accueille d’un jovial « Wie gehts Chletstat » , l’ambiance s’installe, les bras se lèvent, Clinton fait son job avec le sourire et le fait bien. Pas le temps de se reposer, en extérieur, son compatriote Ken Boothe balance ses hits et conclue sur les magnifiques « Artibella » et « Everything I Own ». Les compères d’Iphaze mettent les basses en avant avec un set millimétré dans la salle. Sur la scène extérieure, Taiwan MC et Youthstar prennent le relais avec leur trip hop entraînant façon Chinese Man. Le quatuor Kaly Live Dub à minuit achève la soirée indoor et en version instrumentale afin de préserver les habitants du voisinage.

Le samedi 25 juillet la sono à fond attire le chaland dès 16 h en open air avec les MC locaux Tribuman et Hill Vib’z. Yellam suivi de Trinity se lancent dans un clash pacifique du meilleur effet. Sur la grande scène Meta & The Cornerstones donne libre court à son talent et l’envie d’écouter son prochain album « Hira » fruit du crowdfounding. La charmante et gracieuse Hollie Cook irradie la salle de sa fraîcheur vocale so british. Naaman met tout le monde d’accord en accueillant au pied levé le chanteur local Djanta et le clavier de Groundation : Marcus Urani. Dj Vadim ambiance la salle de son reggae digital, Groundation à l’opposé déploie agréablement son reggae jazzy afin que l’amour soit dans le pré. Brain Damage et Vibronics clôturent la deuxième journée dans une bonne humeur musicale franco-anglaise.

Dimanche le 26 juillet dès 17 h et malgré une météo fraîche et pluvieuse, Selecta Crazy et Dj Mat’Minimik de Mulhouse se chargent de chauffer les premiers festivaliers outdoor puis indoor. Protoje & The Indiggnation Band sur la grande scène donne une parfaite leçon de « revival reggae ». Les berlinois de Symbiz font participer l’auditoire obéissant à leur style innovant et très dansant. L’illustre rasta Bunny Wailer, le plus sous-estimé du trio original des Wailers, enchante les festivaliers avec son jeu de jambes et ses titres éternels ciselés par de vrais cuivres : « Fly Away Home », « Rastaman », « Blackheart Man », « Armagideon », « Battering Down Sentence », « Dreamland », « Keep On Burning », « Dancing Time », « Rootsman Skanking », « Cool Runnings », « Trenchtown Rock », « No Woman No Cry », « Simmerdown », « Keep On Moving », « Rule This Land », « I Stand Predominate », « I’m The Toppest » et « Ram Dancehall ». Sans le moindre temps mort, le guyanais Mad Professor et son fils Joe aux manettes, Earl 16 et Brother Culture au micro, imposent leur Ariwa style aux accents londoniens. Danakil fait onduler la foule avec de nouvelles versions extraites de leurs 3 albums et une incursion surprise de Brahim, autre artiste de l’écurie Baco Records.

Satisfait par plus de 20 heures de concerts de malade, les reggae addicts quittent le confort et la convivialité du site avec la banane. L’organisation a atteint l’objectif des 10 000 entrées, mais avec de meilleures conditions climatiques aurait décuplé les consommations, malgré un camping saturé elle n’a pas d’incident majeur à signaler. Vivement la version 2016 d’un festival encore plus axé reggae et développement durable. Big up à Lisa et Laurent, aux artistes, aux techniciens et à tous les bénévoles de Zone 51 qui ont fait de ce festival un moment magique et inoubliable !

One Love

Mighty Freddy

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